L’impact des violences domestiques sur la réussite scolaire d’un enfant
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Isabelle Minassyan, le 27 mai 2026
Grandir dans un foyer marqué par les cris, la peur et la violence peut profondément affecter le développement psychologique, cognitif, émotionnel et social d’un enfant. D’après le Centre Universitaire Romand de Médecine Légale (CURML), les enfants sont fréquemment présents lors de ces agressions. Cette exposition constitue une forme de violence dont l’enfant doit être protégé.
De quoi parle-t-on ?
D’après la Convention d’Istanbul, les violences domestiques désignent « tous les actes de violence physique, sexuelle, psychologique ou économique qui surviennent au sein de la famille ou du foyer ou entre des anciens ou actuels conjoints ou partenaires, indépendamment du fait que l’auteur de l’infraction partage ou a partagé le même domicile que la victime ».
Les statistiques cantonales montrent que des enfants assistent fréquemment aux violences domestiques puisqu’ils sont présents dans près de la moitié des interventions policières. Cette exposition constitue une forme de maltraitance psychologique et ce nombre est en hausse depuis ces dernières années.
Cette exposition à la violence peut commencer dès la période prénatale et concerner par la suite toutes les classes d’âge. Les conséquences qui en découlent varient d’un enfant à l’autre mais elles affectent souvent le développement psychologique, émotionnel et social de l’enfant. Ainsi, le développement de l’enfant peut être perturbé. Sur l’aspect psychologique, cela peut se manifester par de l’anxiété, de la dépression, un sentiment d’insécurité et une faible estime de soi. Sur le plan physique, cela peut avoir une répercussion sur la santé pouvant provoquer des insomnies, des retards de croissance ou même des troubles alimentaires.
Quel est l’impact sur la réussite scolaire ?
En plus de ces conséquences psychologiques et physiques, l’exposition aux violences domestiques peut également avoir un impact important sur le développement cognitif et les capacités scolaires de l’enfant. En effet, l’exposition à la violence durant l’enfance peut affecter durablement le développement cérébral et endommager le système nerveux. Cela peut entraîner des difficultés de concentration, d’attention et d’apprentissage ainsi qu’un retard de langage.
Ces difficultés cognitives se répercutent ensuite sur la scolarité de l’enfant. Certains enfants peuvent rencontrer une baisse des résultats scolaires, une perte de motivation ou encore un isolement social. Effectivement, le climat de peur et d’insécurité dans lequel évolue l’enfant peut également altérer sa capacité d’apprendre dans de bonnes conditions et compromettre sa réussite scolaire. Dans certains cas, les enfants craignant pour la sécurité du parent victime peuvent préférer rester à la maison pour le protéger, ce qui peut aussi entraîner de l’absentéisme scolaire.
Par ailleurs, ce climat de violence peut aussi affecter la vie sociale de l’enfant à l’école. En effet, certains enfants développent des troubles du comportement, manifestent des signes d’agressivité et de désobéissance. Ils peuvent également rencontrer des difficultés relationnelles avec leurs camarades et leurs professeurs, renforçant leur fragilité scolaire et leur vulnérabilité au décrochage et à l’échec scolaire. Sur le long terme, cet ensemble de difficultés peut avoir des répercussions durables sur le parcours éducatif et professionnel futur de l’enfant.
Un devoir de protection
Face à ces conséquences parfois durables, la protection des enfants exposés à ces violences domestiques s’avère capitale. Pour rappel, l’article 19 de la Convention relative aux droits de l’enfant adoptée par l’ONU souligne que chaque enfant doit être protégé contre toute forme de violence, qu’elle soit physique ou mentale.
En Suisse, il existe depuis le 1 mai 2026 la ligne téléphonique nationale 142 qui répond 24h/24 et 7j/7 aux personnes victimes de violences domestiques et souhaitant bénéficier d’un soutien professionnel.
Bibliographie :
Cheseaux, Jean-Jacques, Alessandra Duc Marwood, et Nathalie Romain Glassey. « Exposition de l’enfant à des violences domestiques ». Rev Med Suisse 374, no 7 (2013): 398‑401.
« Convention relative aux droits de l’enfant | UNICEF ». Consulté le 27 mai 2026. https://www.unicef.org/fr/convention-droits-enfant.
État de Vaud. « 142: ligne nationale d’aide aux victimes ». 1 mai 2026. https://www.vd.ch/actualites/actualite/news/26239-142-ligne-nationale-daide-aux-victimes.
Hillis, Susan, James Mercy, Adaugo Amobi, et Howard Kress. « Global Prevalence of Past-Year Violence Against Children: A Systematic Review and Minimum Estimates ». Pediatrics 137, no 3 (2016): e20154079. https://doi.org/10.1542/peds.2015-4079.
Protection de l’enfance Suisse. « Les enfants exposés à la violence domestique ». Consulté le 27 mai 2026. https://www.kinderschutz.ch/fr/themes/mise-en-danger-du-bien-etre-de-lenfant/les-enfants-exposes-a-la-violence-domestique.
Questions de genre. « La Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique (Convention d’Istanbul) - Questions de genre - www.coe.int ». Consulté le 27 mai 2026. https://www.coe.int/fr/web/gender-matters/council-of-europe-convention-on-preventing-and-combating-violence-against-women-and-domestic-violence.
Savard, Nathalie, et Chantal Zaouche-Gaudron. « Points de repères pour examiner le développement de l’enfant exposé aux violences conjugales ». Psychologie. Revue internationale de l’éducation familiale 29, no 1 (2011): 13‑35. https://doi.org/10.3917/rief.029.0013.
« Violence à l’encontre des enfants ». Consulté le 27 mai 2026. https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/violence-against-children.
C'est super bien écrit ! C'est très accessible et compréhensible. Bravo Isabelle !